Fichede rĂ©vision Spleen IV Français PremiĂšre. Texte argumentĂ© HGGSP Le climat, enjeu des relations internationales. ThĂšme 2 HGGSP ThĂšme 2 : Faire la guerre, faire la paix. HGGSP: Étude Critique de Documents - l’histoire et les mĂ©moires du gĂ©nocide. rĂ©vision hggsp.
Marketplace Les enjeux mĂ©moriels de la guerre d'AlgĂ©rie en France et en AlgĂ©rie Dissertation Français Document Ă©lectronique LycĂ©e A obtenu la note de 18/20 6 pages Description Voici une dissertation que j'ai rĂ©alisĂ©e dans le cadre du cours d'HGGSP en terminale et pour laquelle j'ai obtenu la note de 18/20. Le sujet porte sur les enjeux mĂ©moriels de la guerre d'AlgĂ©rie en France et en AlgĂ©rie. Mon plan se dĂ©roule en 3 parties et reprend les Ă©lĂ©ments du cours en y ajoutant des rĂ©fĂ©rences supplĂ©mentaires. Extrait Le 19 mars 2016, le prĂ©sident français François Hollande a commĂ©morĂ© le cessez-le-feu de la guerre d’AlgĂ©rie dans une optique d’instaurer la paix des mĂ©moires ». Cependant, cette entreprise a Ă©tĂ© fustigĂ©e par des harkis et des pieds-noirs pour qui le 19 mars symbolise le dĂ©but de l'exil et du massacre de civils et des harkis, algĂ©riens anciens supplĂ©tifs de l'armĂ©e française. En rĂ©ponse, des manifestations harkis ont eu lieu devant le mĂ©morial du camp de Rivesaltes, oĂč 20 000... Ce document ne correspond pas exactement Ă  ce que vous recherchez ? Commandez votre document redigĂ© sur mesure depuis notre service Commander un document Commander un document ou bien via la recherche par mots-clĂ©s Ces documents pourraient vous intĂ©resser
PrĂ©parerles cours de terminale - HGGSP. Le mardi 2 juin 2020. Pour aider les professeurs Ă  prĂ©parer leurs cours de spĂ©cialitĂ© HGGSP (histoire-gĂ©ographie, gĂ©opolitique et sciences politiques) au programme des classes de terminale, le magazine L’Histoire propose une sĂ©lection d’articles rĂ©digĂ©s par les meilleurs spĂ©cialistes du sujet. Aujourd’hui, il est partout question de commĂ©moration, de devoir ou d’abus de mĂ©moire. Rapport personnel, affectif au passĂ©, la mĂ©moire semble avoir tout envahi. Culturelle, historique, religieuse, artistique, elle peut se montrer exclusive et nuire au vivreensemble. Mais elle est aussi capable de susciter la rĂ©sistance Ă  l’oppression, de sauver une minoritĂ©, d’assurer la cohĂ©sion d’un groupe, d’une sociĂ©tĂ©, d’une nation. Autre rapport au passĂ©, Ă  vocation universelle cette fois, l’histoire se tient Ă  distance. Fruit de la rationalitĂ©, elle cherche modestement et obstinĂ©ment une parcelle de vĂ©ritĂ©. Tout semble donc opposer histoire et mĂ©moires ; les conflits se sont d’ailleurs multipliĂ©s, surtout en France. Le pari de l’auteur est pourtant d’en affirmer l’indispensable alliance et d’en proposer les conditions. Les mĂ©moires ont dĂ©jĂ  transformĂ© les livres d’histoire, offrant Ă  l’évĂ©nement et Ă  la biographie une nouvelle jeunesse. Ainsi, l’histoire orale a donnĂ© Ă  comprendre, de l’intĂ©rieur, les invisibles, restĂ©s Ă  l’écart de l’écriture. Les mĂ©moires obligent les historiens Ă  questionner leur mĂ©tier, leur fournissent de nouveaux objets d’étude et la possibilitĂ© de saisir une rĂ©alitĂ© jusque-lĂ  inaccessible. En contrepartie, l’histoire demeure le seul moyen d’apaiser les mĂ©moires blessĂ©es, de permettre aux mĂ©moires concurrentes de cohabiter. La meilleure maniĂšre de vaincre l’oubli et de se prĂ©munir des excĂšs mĂ©moriels. Lesconflits et leur histoire sont durablement inscrits dans la mĂ©moire collective des sociĂ©tĂ©s et dans les mĂ©moires individuelles : s’agissant de pĂ©riodes sombres et douloureuses, elles marquent durablement les groupes qui y ont pris part. Elles donnent souvent naissance Ă  une mĂ©moire officielle de la part des gouvernements, qui entendent Ă©touffer tout ce qui pourrait
Durant la guerre d'AlgĂ©rie 1954 - 1962, l'État français cherche Ă  minimiser le conflit. Suite Ă  l'indĂ©pendance, le FLN qui prend le pouvoir en AlgĂ©rie institue une histoire officielle du conflit dans laquelle sont occultĂ©es les divisions au sein des nationalistes ainsi que le rĂŽle des Kabyles. Le pouvoir avance l'idĂ©e d'un soulĂšvement spontanĂ© et unitaire du peuple algĂ©rien derriĂšre le FLN et contre la France. En France, les acteurs du conflit les soldats, les pieds-noirs rapatriĂ©s, les harkis taisent leur expĂ©rience du conflit. Le silence concerne aussi l'État qui ne reconnaĂźt pas la guerre. Benjamin Stora parle d'une "guerre ensevelie". Pourtant, les diffĂ©rents acteurs du conflit entretiennent des mĂ©moires diffĂ©rentes voire contradictoires de la guerre. AprĂšs le silence vient la pĂ©riode du "rĂ©veil des mĂ©moires". Les diffĂ©rents groupes portent leurs revendications et souhaitent faire reconnaĂźtre leur vision de l'histoire. Le rĂŽle des historiens est important dans ce "rĂ©veil des mĂ©moires". GrĂące Ă  leurs travaux, ils ont pu faire la lumiĂšre sur le conflit et sur ses zones d'ombre, dont l'utilisation de la torture. À partir de la fin des annĂ©es 1990, notamment grĂące aux travaux des historiens, la France intĂšgre la guerre d'AlgĂ©rie dans la mĂ©moire officielle. Les archives sont ouvertes, le conflit est reconnu. MalgrĂ© la reconnaissance de la guerre d'AlgĂ©rie, toutes les mĂ©moires ne sont pas apaisĂ©es. Certains groupes contestent la mĂ©moire officielle de l'État et l'AlgĂ©rie rĂ©clame encore la repentance. Les historiens sont soumis Ă  des pressions de la part des diffĂ©rents groupes porteurs de mĂ©moires et face Ă  la mĂ©moire officielle. Bien qu'ils doivent ĂȘtre indĂ©pendants Ă  l'Ă©gard des revendications mĂ©morielles, leur travail fait Ă©voluer les mĂ©moires. En AlgĂ©rie, la situation a peu Ă©voluĂ©. AprĂšs une tentative de dĂ©mocratisation du pays qui Ă©choue, le pays maintient une vision officielle du conflit et continue d'encadrer les travaux des historiens. ILes mĂ©moires de la guerre d'AlgĂ©rie au lendemain du conflit La mĂ©moire est la prĂ©sence sĂ©lective des souvenirs du passĂ© dans une sociĂ©tĂ© donnĂ©e. Elle est souvent plurielle et conflictuelle les diffĂ©rents groupes qui ont vĂ©cu des Ă©vĂ©nements douloureux se font leur propre construction du passĂ© et ces diffĂ©rentes visions peuvent s'opposer. Les groupes qui portent les mĂ©moires cherchent une reconnaissance dans le prĂ©sent de leur vision des Ă©vĂ©nements. L'histoire a pour vocation de restituer le passĂ© de la maniĂšre la plus objective possible. Elle s'appuie sur une Ă©tude critique des sources Ă©crites, orales ou encore archĂ©ologiques. Ainsi, mĂ©moires et histoire prĂ©sentent des diffĂ©rences quant au type de questionnements adressĂ©s au passĂ©. Les mĂ©moires veulent rĂ©habiliter, "sauver de l'oubli", alors que l'histoire veut comprendre et expliquer le passĂ©. MĂȘme si l'histoire ne doit pas, dans un souci d'objectivitĂ©, ĂȘtre soumise aux enjeux des mĂ©moires, il existe de nombreux liens et des interactions entre les deux. AUne guerre sans nom La guerre d'AlgĂ©rie est considĂ©rĂ©e comme une guerre sans nom. Elle commence le 1er novembre 1954 suite Ă  une sĂ©rie d'attaques commises en AlgĂ©rie par le Front de libĂ©ration nationale algĂ©rien FLN. Alors que le conflit s'intensifie, le gouvernement français cherche Ă  minimiser les combats. Il parle "des Ă©vĂ©nements d'AlgĂ©rie" et dĂ©crit l'intervention des forces françaises comme des simples "opĂ©rations de police" visant Ă  "pacifier le pays". Les combattants algĂ©riens sont dĂ©crits comme des "rebelles". Face Ă  cette nĂ©gation officielle du conflit, des voix discordantes dĂ©noncent le rĂŽle de la France dans la guerre. Le parti communiste, ouvertement anticolonial, dĂ©nonce l'intervention française et la torture pratiquĂ©e par l'armĂ©e française, notamment lors de la bataille d'Alger. Des "comitĂ©s Audin" se mettent en place dans le milieu universitaire. Cela fait suite Ă  l'assassinat sous la torture du militant communiste Maurice Audin, mathĂ©maticien français travaillant Ă  Alger et favorable Ă  l'indĂ©pendance algĂ©rienne. Des journaux comme L'Express, avec François Mauriac, critiquent l'intervention française. Plusieurs tĂ©moignages se font l'Ă©cho des pratiques utilisĂ©es par les forces françaises, dont la pratique de la gĂ©gĂšne. Ainsi, le gĂ©nĂ©ral PĂąris de BollardiĂšre, Henri Alleg, rĂ©dacteur de La Question en 1958 ou l'historien Henri-IrĂ©nĂ©e Marrou dĂ©noncent la torture. Enfin, des intellectuels, des artistes et des universitaires, dont Jean-Paul Sartre, directeur de la revue Les Temps modernes, signent le manifeste des 121 en 1960 pour dĂ©noncer le militarisme français et la torture. Le gouvernement dĂ©ploie une intense rĂ©pression Ă  l'encontre de ces oppositions. La Question d'Henri Alleg est interdit et son auteur est condamnĂ© Ă  la prison. La police rĂ©prime de maniĂšre trĂšs violente les manifestations dĂ©nonçant le conflit. Le 17 octobre 1961, en France, une manifestation pacifique d'AlgĂ©riens dĂ©nonçant le couvre-feu imposĂ© aux Nord-Africains provoque une rĂ©pression sanglante de la police sous les ordres du prĂ©fet Papon. Une centaine d'AlgĂ©riens sont tuĂ©s et plusieurs centaines sont blessĂ©s. De mĂȘme, une manifestation pour l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie le 8 fĂ©vrier 1962 aboutit Ă  la mort de 9 personnes Ă  la station de mĂ©tro Charonne Ă  Paris. BMĂ©moire officielle en AlgĂ©rie aprĂšs le conflit L'AlgĂ©rie devient indĂ©pendante suite aux accords d'Évian en 1962. L'armĂ©e des frontiĂšres branche de l'ALN basĂ©e en Tunisie et au Maroc s'impose au pouvoir au dĂ©triment du Gouvernement provisoire de la RĂ©publique algĂ©rienne GPRA. L'État algĂ©rien encadre l'histoire du conflit qui est nommĂ©e la "RĂ©volution nationale" ou encore la "Guerre de libĂ©ration". Le conflit est prĂ©sentĂ© en AlgĂ©rie comme un soulĂšvement spontanĂ© du peuple algĂ©rien. L'histoire officielle parle de 1,5 million de morts algĂ©riens, alors que le chiffre rĂ©el se situe autour de 300 000. Le gouvernement minimise les divisions entre les nationalistes algĂ©riens pendant le conflit et notamment les luttes entre le FLN et le MNA de Messali Hadj qui a causĂ© plus de 10 000 morts. Le conflit est complĂštement limitĂ© Ă  une opposition entre les Français et les AlgĂ©riens. Toujours avec pour objectif de mettre en avant l'unitĂ© nationale, le rĂŽle des Kabyles dans la lutte contre les Français est passĂ© sous silence tandis que celui de l'ALN est exagĂ©rĂ©. Les livres scolaires, les monuments, les commĂ©morations sont des relais de cette histoire officielle. Le travail des historiens est d'ailleurs surveillĂ© par l'État qui contrĂŽle Ă©troitement les recherches scientifiques du Centre national d'Ă©tudes historiques algĂ©rien CNEH et encadre en 1972 un travail de rassemblement d'archives orales et Ă©crites du 1965, suite au coup d'État d'Houari BoumĂ©diĂšne, le FLN devient le parti unique de l'AlgĂ©rie et accentue la diffusion de la mĂ©moire officielle du conflit. L'historien Guy PervillĂ© parle d'une "hyper commĂ©moration obsessionnelle". Mohammed Harbi, historien algĂ©rien et ancien membre du FLN, est condamnĂ© pour sa contestation de l'histoire officielle et s'enfuit en France. CLa "guerre ensevelie" En France, aprĂšs l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie, le conflit est en revanche passĂ© sous silence. Benjamin Stora parle d'une "guerre ensevelie". Ce sont d'abord les groupes concernĂ©s par le conflit qui cherchent Ă  oublier les souffrances et les douleurs de la guerre. Environ 800 000 pieds-noirs sont rapatriĂ©s en France. Lorsqu'ils arrivent dans ce pays qu'ils connaissent peu, ils sont dĂ©munis, et nombreux sont ceux qui veulent tourner la page. La prioritĂ© est Ă  l'intĂ©gration. En particulier Ă  cause des attentats commis par le groupe terroriste OAS en France, les pieds-noirs pensent qu'il est prĂ©fĂ©rable de rester discrets. Les AlgĂ©riens prĂ©sents en mĂ©tropole, dont une grande partie arrive dans le cadre de l'immigration de masse organisĂ©e par la France, ne veulent pas faire ressortir la mĂ©moire du conflit et les attentats perpĂ©trĂ©s par le FLN. L'État français, prĂ©sidĂ© par de Gaulle, cherche aussi Ă  faire oublier la guerre. La France a perdu l'immense majoritĂ© des terres qui composaient son empire colonial. Sa place dans le monde dĂ©cline depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'État veut prĂ©server l'unitĂ© nationale. De plus, les violences commises par l'armĂ©e française sont en contradiction avec les valeurs d'une France que l'on appelle "pays des Droits de l'homme". En 1968, des lois sont votĂ©es pour amnistier tous ceux qui ont pris part au conflit et les soldats qui ont participĂ© au putsch des gĂ©nĂ©raux en 1961 sont rĂ©intĂ©grĂ©s dans l'armĂ©e en 1982. La population française oublie assez vite le conflit, dont aucune mention n'est faite dans les livres scolaires, et les historiens n'ont pas accĂšs aux archives. IILe rĂ©veil des mĂ©moires ADes mĂ©moires divisĂ©es Le rĂ©veil des mĂ©moires n'a lieu qu'Ă  partir des annĂ©es 1970. MalgrĂ© le silence fait sur la guerre d'AlgĂ©rie au lendemain du conflit, les mĂ©moires des diffĂ©rents groupes concernĂ©s sont diffĂ©rentes et parfois opposĂ©es. De nombreux pieds-noirs entretiennent une vision idĂ©alisĂ©e de leur vie en AlgĂ©rie, on parle de la "nostalgĂ©rie". Les anciens combattants sont victimes de l'oubli officiel du conflit et n'ont pas le droit Ă  la reconnaissance de leur statut. Les harkis, qui ont pu quitter l'AlgĂ©rie, sont rassemblĂ©s dans des camps et ils s'estiment trahis par l'État français. Ceux restĂ©s en AlgĂ©rie ont subi des massacres. Certains militaires dĂ©fendent le bien-fondĂ© de la guerre et entretiennent l'idĂ©e d'un conflit qui s'est inscrit dans la logique de la guerre froide. Ils soutiennent que les mĂ©thodes utilisĂ©es par l'armĂ©e, dont la torture, Ă©taient justifiĂ©es. Ils exagĂšrent aussi le rĂŽle social jouĂ© par la France auprĂšs des populations indigĂšnes lors de la colonisation. Enfin, les militants pour l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie, dont le parti communiste, se souviennent des mĂ©thodes utilisĂ©es pendant la guerre et de la rĂ©pression de l'État français lors des manifestations pacifistes. Ils veulent que la France reconnaisse la guerre. B"L'accĂ©lĂ©ration mĂ©morielle" AprĂšs une pĂ©riode de silence sur le conflit, les diffĂ©rents groupes mettent en avant leur souvenir et veulent faire reconnaĂźtre leurs revendications. C'est le temps de l'anamnĂšse, c'est-Ă -dire de la prise de conscience des mĂ©moires refoulĂ©es. À partir des annĂ©es 1970, les "porteurs de mĂ©moires" participent au dĂ©veloppement de l'"accĂ©lĂ©ration mĂ©morielle" Les pieds-noirs forment des associations afin de rĂ©clamer des indemnitĂ©s pour les biens qu'ils ont perdus. Ils veulent aussi accĂ©der aux tombes des membres de leur famille enterrĂ©s en AlgĂ©rie. En 1970, une loi leur accorde des indemnisations qui leur semblent encore insatisfaisantes. Les anciens combattants, regroupĂ©s dans des associations influentes, dont le FNACA, obtiennent le statut d'ancien combattant en 1974. Les harkis se rĂ©voltent en 1975 et 1976 contre leurs conditions de vie dans les camps. Ils veulent une reconnaissance de leur rĂŽle pendant la guerre. Des groupes proches de l'extrĂȘme droite et de l'OAS, particuliĂšrement dans le Sud-Est de la France, organisent des manifestations et Ă©rigent des stĂšles en souvenir de "l'AlgĂ©rie française". Parmi ces personnes, Jean-Marie Le Pen, ancien combattant de la guerre d'AlgĂ©rie, lĂ©gitime les mĂ©thodes françaises et est accusĂ© par de nombreux tĂ©moignages d'avoir pratiquĂ© lui-mĂȘme la torture. Face Ă  la montĂ©e du racisme dans les annĂ©es 1970 et 1980, la Marche pour l'Ă©galitĂ© et contre le racisme, aussi appelĂ©e "Marche des beurs", rĂ©unit en 1983 des membres de la communautĂ© maghrĂ©bine. Pour la premiĂšre fois, des enfants de harkis et des enfants de membres du FLN marchent ensemble afin de rĂ©clamer une rĂ©elle place dans la sociĂ©tĂ© française. Enfin, en 1983, la guerre d'AlgĂ©rie est intĂ©grĂ©e dans les manuels scolaires. CLe travail des historiens et des cinĂ©astes dans les annĂ©es 1970 Bien que les archives soient encore difficiles d'accĂšs, des historiens s'emparent du thĂšme de la guerre d'AlgĂ©rie En 1961, durant le conflit, l'historien Pierre Nora a publiĂ© Les Français d'AlgĂ©rie. Entre 1968 et 1971, le journaliste Yves CourriĂšre entreprend une histoire du conflit dans son ouvrage La Guerre d'AlgĂ©rie. En 1972, l'historien Pierre Vidal-Naquet publie La Torture dans la RĂ©publique. Il avait dĂ©jĂ  publiĂ© L'Affaire Audin en 1958. Charles-Robert Ageron publie en 1973 un ouvrage intitulĂ© Politiques coloniales du Maghreb. Des cinĂ©astes s'emparent Ă©galement du conflit sur lequel ils souhaitent faire la lumiĂšre En 1966, La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo remporte le Lion d'or de Venise, mais le film n'est pas autorisĂ© Ă  sortir dans les salles. En 1972, RenĂ© Vautier sort Avoir vingt ans dans les AurĂšs. Ce film raconte l'histoire de jeunes soldats français pris dans l'engrenage de la violence. La gĂ©nĂ©ration d'historiens qui travaille dans les annĂ©es 1960 et 1970 sur la guerre d'AlgĂ©rie est constituĂ©e de personnes qui ont Ă©tĂ© confrontĂ©es directement ou indirectement au conflit. Expliquer le conflit permet de rompre le silence officiel. Certains des historiens ont militĂ© pendant la guerre, et en faire l'histoire constitue pour eux un acte politique. Par exemple, Pierre Vidal-Naquet, qui a militĂ© pendant le conflit contre la torture, continue par la suite son travail historique visant Ă  Ă©tablir les faits, Ă  les expliquer et Ă  les faire sortir de l'ombre. IIILes sociĂ©tĂ©s et les historiens face Ă  "cette guerre qui ne passe pas" ALa difficile mĂ©moire officielle en France À partir des annĂ©es 1990, la France entreprend la reconnaissance officielle du conflit et des pratiques de l'armĂ©e française. En 1992, les archives de la guerre sont ouvertes. En 1999, l'AssemblĂ©e nationale reconnaĂźt que le conflit Ă©tait une "guerre". L'utilisation de la torture est aussi acceptĂ©e dans la mĂ©moire nationale. D'anciens gĂ©nĂ©raux tĂ©moignent de ces pratiques, comme les gĂ©nĂ©raux Aussaresses et Massu. La parole des victimes est aussi reconnue. Louisette Ighilahriz tĂ©moigne des tortures qu'elle a subies alors qu'elle avait 20 ans. En 2002, Jacques Chirac inaugure le mĂ©morial national de la guerre d'AlgĂ©rie et des combats du Maroc et de la Tunisie. En 2012, François Hollande, en visite officielle en AlgĂ©rie, parle de la "souffrance du peuple algĂ©rien" et Ă©voque la torture. En 2012 Ă©galement, la journĂ©e du 19 mars devient la journĂ©e du souvenir des "victimes civiles et militaires de la guerre d'AlgĂ©rie" et l'État reconnaĂźt le massacre du 17 octobre 1961. Pourtant, malgrĂ© la reconnaissance officielle de la guerre d'AlgĂ©rie, le conflit des mĂ©moires persiste En 2005, le groupe des "IndigĂšnes de la RĂ©publique" accuse la France d'ĂȘtre encore un État colonial et porte un regard critique sur ses pratiques passĂ©es mais aussi actuelles. En 2005, la loi Mekachera fait scandale, car elle propose que soit reconnu le "rĂŽle positif de la prĂ©sence française en Afrique du Nord". De plus, l'AlgĂ©rie reproche Ă  la France de ne pas avoir Ă©mis des excuses officielles et rĂ©clame la repentance de la France. En 2007, Ă  Perpignan, un mur est inaugurĂ©, portant les seuls noms des morts europĂ©ens de la guerre. En 2012, le Front national condamne l'intervention de Nicolas Sarkozy reconnaissant que "la guerre a aussi meurtri les AlgĂ©riens" et souhaite une condamnation des porteurs de valises du FLN. Par ailleurs, la journĂ©e de souvenir des "victimes civiles et militaires de la guerre d'AlgĂ©rie" est contestĂ©e, car elle prend pour rĂ©fĂ©rence le cessez-le-feu du 19 mars 1962, et les opposants estiment qu'elle passe sous silence les EuropĂ©ens et les harkis tuĂ©s aprĂšs le cessez-le-feu par les AlgĂ©riens. BEn AlgĂ©rie, la persistance d'une lecture unique de la guerre Le climat politique change en AlgĂ©rie au cours des annĂ©es 1980. Les Ă©meutes de 1980 en Kabylie brisent le mythe d'une unitĂ© nationale algĂ©rienne. En 1988, la jeunesse algĂ©rienne se rĂ©volte contre le pouvoir et exige la libĂ©ralisation du systĂšme politique. Ces rĂ©voltes aboutissent Ă  la mise en place d'un processus dĂ©mocratique, interrompu en 1992 par la junte militaire au pouvoir. L'enlisement du pays dans la guerre civile qui oppose les islamistes Ă  l'armĂ©e et fait environ 100 000 morts achĂšve la dĂ©mocratisation du pays. L'attitude du gouvernement sur le conflit reste la mĂȘme L'accĂšs aux archives est interdit. Les harkis sont encore perçus comme des traĂźtres. Les actes de violence reconnus sont limitĂ©s aux seuls agissements des Français. Le rĂŽle du MNA, ainsi que des BerbĂšres, est occultĂ© au profit du rĂŽle du FLN. Les violences faites par le FLN, notamment contre les civils qui refusaient de payer "l'impĂŽt rĂ©volutionnaire", sont ignorĂ©es. En 1995, Bouteflika rĂ©intĂšgre les pĂšres fondateurs du nationalisme algĂ©rien, tels que Messali Hadj, dans la mĂ©moire nationale. Cependant, cette ouverture est rapidement remise en cause. Les historiens sont censurĂ©s et leurs communications Ă  l'Ă©tranger doivent ĂȘtre approuvĂ©es par le ministĂšre algĂ©rien de l'Éducation. Lois mĂ©morielles Les lois mĂ©morielles sont des lois dĂ©clarant un point de vue officiel sur un Ă©vĂ©nement historique. Ces lois peuvent ĂȘtre seulement dĂ©claratives, c'est-Ă -dire reconnaĂźtre des Ă©vĂ©nements, ou effectives, c'est-Ă -dire assortir la loi de sanctions loi Gayssot de 1990 punit la nĂ©gation des crimes contre l'humanitĂ©. La loi de 2001 reconnaĂźt publiquement l'existence du gĂ©nocide armĂ©nien et la loi Taubira de 2001 dĂ©clare que la traite nĂ©griĂšre est un crime contre l'humanitĂ©. Enfin, la loi de 2005 prĂ©voit la reconnaissance du "rĂŽle positif" de la colonisation. CLes historiens contre le "prĂ©sentisme" Dans les annĂ©es 1990, une nouvelle gĂ©nĂ©ration d'historiens, nĂ©s aprĂšs le conflit, travaille sur la guerre d'AlgĂ©rie. Certains d'entre eux entreprennent des collaborations avec la premiĂšre gĂ©nĂ©ration d'historiens du conflit RaphaĂ«lle Branche publie La Torture et l'armĂ©e pendant la guerre d'AlgĂ©rie en 2001, grĂące Ă  un travail rĂ©alisĂ© Ă  partir de tĂ©moignages et d'archives. Benjamin Stora collabore avec Charles-Robert Ageron et Mohammed Harbi. Sylvie ThĂ©nault publie Une drĂŽle de justice en 2001. Tramor Quemeneur rĂ©dige une thĂšse intitulĂ©e Une guerre sans "non" en 2007, dans laquelle il se penche sur l'histoire des rĂ©fractaires Ă  la guerre d'AlgĂ©rie. Yann Scioldo-ZĂŒrcher montre dans ses travaux que, contrairement Ă  la mĂ©moire dĂ©veloppĂ©e par les pieds-noirs, l'État français a mis en place des moyens afin d'intĂ©grer les rapatriĂ©s d'AlgĂ©rie dans la sociĂ©tĂ© française. Les historiens s'interrogent sur cette rĂ©surgence des mĂ©moires et son incidence sur leur travail. En effet, l'historien ne doit pas ĂȘtre soumis aux diffĂ©rents groupes qui veulent ne retenir que certains aspects de l'histoire, voire les modifier. Il ne doit pas cĂ©der aux revendications de ces groupes dont les objectifs sont la recherche de la vĂ©ritĂ© mais aussi la satisfaction de revendications prĂ©sentes. En effet, les mĂ©moires se nourrissent des travaux historiques. Bien que les mĂ©moires effectuent une approche sĂ©lective du travail des historiens, ces derniers contribuent, en montrant la complexitĂ© des faits, Ă  apaiser les dĂ©bats sur les diffĂ©rentes mĂ©moires. Par exemple, les travaux sur les harkis montrent la complexitĂ© des raisons de leur engagement en faveur de la France. Dans l'Ă©ducation aussi, le lien entre mĂ©moire et histoire est important. L'enseignant peut, grĂące Ă  l'histoire, expliquer l'actualitĂ© et les diffĂ©rentes mĂ©moires. De plus, la multiplication des journĂ©es mĂ©morielles donne au professeur la possibilitĂ© d'aborder certains aspects historiques et de donner du sens Ă  son cours. Des historiens rappellent cependant le danger de trop faire appel Ă  l'Ă©motion des Ă©lĂšves au risque de porter atteinte Ă  l'objectivitĂ© de l'histoire. Enfin, les mĂ©moires sont aussi un objet d'Ă©tude pour les historiens. Pierre Nora a publiĂ© Les Lieux de mĂ©moire, ouvrage dans lequel il analyse la construction des mĂ©moires.
Lhistoire est lĂ  pour Ă©laborer une connaissance, pas pour faire de la morale. Il est nĂ©cessaire de confronter les sources et les documents, de travailler les hypothĂšses, afin d’éviter que s’installe une sorte de prĂȘt Ă  penser dogmatique. Or la rĂ©cupĂ©ration sociologique du devoir de mĂ©moire est un phĂ©nomĂšne patent. Fiche revision Histoire et mĂ©moire 1 sur 3 AXE 1 - Histoire et mĂ©moires des conflits Les CONFLITS cf. thĂšme II et leur HISTOIRE sont durablement inscrits dans la mĂ©moire collective des sociĂ©tĂ©s et dans les mĂ©moires individuelles s’agissant de pĂ©riode sombres et douloureuses. Elles donnent souvent naissance Ă  une mĂ©moire officielle de la part des gouvernements, qui entendent Ă©touffer tout ce qui pourrait diviser les populations. I/ HISTOIRES ET MÉMOIRES DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE Jalon 1 Causes multiples attentat de Sarajevo a excitĂ© des tensions plus profondes rivalitĂ©s coloniales et territoriales, tensions nationalistes, courses aux armements, etc. ➔ Entraine l’engrenage des alliances nouĂ©es au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle. ÉtĂ© 1914 dĂ©clenchement d’un conflit dont l'ampleur et la durĂ©e n'avaient Ă©tĂ© imaginĂ©e ni dĂ©sirĂ©e par les gouvernements. Question qui se pose dĂšs le dĂ©but aucun Etat n’a revendiquĂ© la responsabilitĂ© de la guerre. ➔ Le conflit dure = chaque belligĂ©rant justifie les sacrifices imposĂ©s en rejetant la faute sur l'ennemi => se prĂ©sente comme l'agressĂ© menant une guerre dĂ©fensive guerre du droit » ➔Cette responsabilisation de l’Allemagne est dĂ©noncĂ©e vivement le traitĂ© apparait comme un DIKTAT, tant par les diplomates, les dirigeants que par l’opinion publique allemande. L’apport de l’HISTORIOGRAPHIE au dĂ©bat JALON 1 Au dĂ©part, la mĂ©moire du dĂ©clenchement de la 1GM est relativement simpliste l’Autre est responsable. ➔ Mais cette mĂ©moire, autant officielle que populaire = propagandes militaires Ă©volue grĂące aux travaux des historiens. Ils Ă©tudient les causes de la 1GM car cette question est devenue trĂšs politique des intellectuels pacifistes et marxistes analysent marche Ă  la guerre comme le choc inĂ©vitable des impĂ©rialismes europ. AnnĂ©es 1930 quelques Ă©volutions permises par les historiens Ă©tudient la guerre d’un point de vue politique et diplomatique, vue d'en haut ». Mais les. »
3Histoire et mémoires. C. Comprendre les logiques des . affrontements. armés & les modalités de construction de la . paix. La dissertation et les types de plans. Comprendre notions de patrimoine matériel et immatériel & ses enjeux particuliÚrement . géopolitiques. Nature et portée des ressources documentaires (regard critique)
Par Jean-Charles Jauffret. [1] MĂ©moires et Histoire point d’historiographie sur la Guerre d’AlgĂ©rie La RĂ©daction d’Historiens & GĂ©ographes remercie vivement son collĂšgue Jean-Charles Jauffret, Professeur d’Histoire contemporaine Ă  l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, pour lui avoir transmis cette mise au point historiographique inĂ©dite qui intĂ©ressera particuliĂšrement les professeures en charge d’enseigner le thĂšme portant sur l’historien et les mĂ©moires de la guerre d’AlgĂ©rie. Nous signalons enfin Ă  nos lecteurs que la direction acadĂ©mique des Hauts-de-Seine en partenariat avec l’ONACVG et l’Association des Professeurs d’Histoire et de GĂ©ographie APHG organise Ă  Nanterre une journĂ©e d’étude sur les mĂ©moires du conflit algĂ©rien le 23 fĂ©vrier prochain. Plusieurs tables rondes seront proposĂ©es et animĂ©es par des historiens, des enseignants chercheurs, l’inspection pĂ©dagogique rĂ©gionale, les archives dĂ©partementales des Hauts-de-Seine, la BDIC, l’INA, l’ONACVG et l’APHG. [2] Enjeu renouvelĂ© des prĂ©sidentielles en 2017 pour sĂ©duire un fond de nostalgĂ©riques » estimĂ© Ă  environ deux millions d’électeurs 1re,2e et 3e gĂ©nĂ©rations de pieds-noirs et descendants, y compris de harkis, la guerre d’AlgĂ©rie refait surface. En remontent les relents nausĂ©abonds de mĂ©moires blessĂ©es qui s’ostracisent l’une l’autre. D’oĂč la faible audience des historiens et la reconduction, comme pendant le conflit, note Benjamin Stora [3], d’extrĂȘmes identitaires ressassĂ©s de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. C’est-Ă -dire entre les nostalgiques de l’AlgĂ©rie française qui considĂšrent que l’islam est inassimilable en mĂ©tropole, et les partisans de l’indĂ©pendance algĂ©rienne qui arborent drapeaux algĂ©riens et islam communautariste en Ă©lĂ©ments de dĂ©fi. S’ajoutent l’ignorance volontaire des politiques [4] et de l’opinion qui n’a toujours pas admis l’hĂ©ritage de la dĂ©colonisation dans le roman national ». Comme le note Mona Ozouf La France est un Ă©trange pays oĂč la mĂ©moire divise ». Pourtant, ce conflit, depuis peu, bĂ©nĂ©ficie d’une ouverture dans l’enseignement secondaire. Mais cette Ă©tude souffre de la crainte d’ouvrir la boĂźte de Pandore au lieu d’étudier d’abord la guerre d’AlgĂ©rie en s’appuyant sur des ouvrages gĂ©nĂ©raux qui font autoritĂ© [5], on botte en touche en s’intĂ©ressant uniquement Ă  la mĂ©moire, plus quelques allusions aux travaux des historiens et aux tĂ©moignages Ă©crits [6] ou filmĂ©s [7]. En France est venu depuis longtemps le temps des historiens, comme je le soulignais en compagnie de mon collĂšgue et ami Gilbert Meynier dans la revue Esprit en 2004 [8]. MalgrĂ© la fĂ©brilitĂ© suscitĂ©e par les rendez-vous Ă©lectoraux ou le scandale mĂ©diatique suscitĂ© en 2001-2002 par la publication des aveux du gĂ©nĂ©ral Paul Aussaresses, Services spĂ©ciaux, AlgĂ©rie 1955-1957 mon tĂ©moignage sur la torture, le temps historique poursuit son cours. Il exhume peu Ă  peu non une, mais des guerres d’AlgĂ©rie tant les destins des acteurs furent diffĂ©rents. A l’inverse d’une idĂ©e reçue, cette question a toujours intĂ©ressĂ© les historiens, tandis que toute notion d’histoire officielle n’a jamais eu droit de citĂ© pour les historiens dignes de ce nom. Et ce, en dĂ©pit des vellĂ©itĂ©s revanchardes des auteurs du Livre blanc de l’armĂ©e française en AlgĂ©rie [9]. Or ce conflit est un des mieux Ă©tudiĂ©s si l’on tient compte du nombre de publications, soit plus du double que pour la guerre d’Indochine par exemple, pour ne rien dire des 666 thĂšses et mĂ©moires en langue française recensĂ©s par Maurice Sarrazin en 2012 [10]. Depuis les travaux de Charles-AndrĂ© Julien, Xavier Yacono, ou Charles-Robert Ageron, il y a longtemps que les historiens auscultent cette boĂźte Ă  chagrin », selon une formule du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, que constitue la guerre d’AlgĂ©rie, fracture la plus importante de la conscience nationale française contemporaine aprĂšs l’Affaire Dreyfus et juin 1940. Depuis le colloque novateur de dĂ©cembre 1988, sous la direction de Jean-Pierre Rioux [11], la soutenance en Sorbonne, en juin 1989, de la thĂšse de l’AlgĂ©rien Boucif Mekhaled sur Les EvĂ©nements de SĂ©tif, Kherrata et Guelma l’insurrection du Nord-Constantinois, et la publication, en mars 1990, du tome I de la sĂ©rie, sous la direction de Jean-Charles Jauffret, de La Guerre d’AlgĂ©rie par les documents proposĂ© par le Service historique de l’armĂ©e de terre, puis d’un tome 2 en 1998, du cĂŽtĂ© français il est possible, sans oublier les thĂšses importantes des annĂ©es 1980 comme celles de Guy PervillĂ© sur les Ă©tudiants algĂ©riens [12] ou de Benjamin Stora sur Messali Hadj [13], de parler d’un solide acquis scientifique. Il transcende les relations, en dents de scie, franco-algĂ©riennes, tout en continuant de nourrir le dĂ©bat public qui rebondit Ă  chaque anniversaire dĂ©cennal de 1962 qui se souvient, Ă  prĂ©sent de la longue sĂ©rie de La Guerre d’AlgĂ©rie. Historia Magazine, publiĂ©e de 1971 Ă  1974, ou des six numĂ©ros de Guerre d’AlgĂ©rie Magazine en 2002 ?. La multiplication des colloques internationaux, publiĂ©s par de grandes maisons d’édition, oĂč tous les sujets sont Ă©tudiĂ©s, y compris les questions gĂȘnantes telles les massacres de harkis, la torture, l’emploi du napalm, le putsch des gĂ©nĂ©raux ou les luttes intestines Ă  l’intĂ©rieur du mouvement national algĂ©rien, confirment cette tendance. Elle va jusqu’à s’intĂ©resser rĂ©cemment Ă  l’histoire du genre [14], depuis les travaux pionniers dans ce domaine de RaphaĂ«lle Branche, dont la question du viol [15]. A ce propos, les deux premiers colloques d’histoire militaire comparĂ©e ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s en complĂ©mentaritĂ© franco-algĂ©rienne en 2000 et 2002. Le premier, en mai 2000, Ă  Montpellier, dans un lieu hautement symbolique - une enceinte militaire - a Ă©tĂ© publiĂ© en 2001, sous la direction de Maurice VaĂŻsse et de Jean-Charles Jauffret [16]. Il concernait les aspects gĂ©nĂ©raux et techniques du conflit. Le second, qui s’est tenu dans la maison mĂšre du CNRS Ă  Paris en octobre 2002, rĂ©unissait un nombre de participants encore plus important, vu le thĂšme choisi des destins croisĂ©s, Des Hommes et des Femmes en Guerre d’AlgĂ©rie publiĂ© en octobre 2003, sous la direction de Jean-Charles Jauffret [17], sans qu’aucun des groupes concernĂ©s ne soit oubliĂ©e juifs, harkis, sympathisants du FLN en France, paras, femmes de l’ALN
 Parmi les colloques majeurs, Ă©lĂ©ments essentiels du dialogue entre historiens mais aussi ouverture pour le public Ă©clairĂ©, il convient de citer aussi un colloque-confluence, celui qui s’est tenu en Sorbonne en dĂ©cembre 2000 en l’honneur de Charles-Robert Ageron, La Guerre d’AlgĂ©rie au miroir des dĂ©colonisations françaises [18]. Il faut souligner qu’il n’y a plus de sujets tabous ». En effet, marquant un saut qualitatif important, les soutenances, en France, de thĂšses, publiĂ©es, telles celles d’histoire politico-Ă©conomique de Daniel Lefeuvre, la thĂšse sur la torture de RaphaĂ«lle Branche, celle de Claire Mauss-Copeaux sur la mĂ©moire douloureuse des appelĂ©s, celle de FrĂ©dĂ©ric MĂ©dard sur la technique et logistique, de Jean Monneret sur la fin de la guerre, ou de Sylvie ThĂ©nault sur la justice française dans la guerre [19], rappellent que le territoire de l’historien », Ă  l’abri de la surmĂ©diatisation, ne cesse de s’agrandir. Outre les multiples Ă©tudes sur le massacre des AlgĂ©riens Ă  Paris lors de la manifestation du 21 octobre 1961, les travaux d’Olivier Dard sur l’OAS [20], ceux de Jean-Jacques Jordi sur les harkis, les disparus Français d’AlgĂ©rie dont le massacre d’Oran du 5 juillet 1962 [21], des thĂšses majeures, dont on espĂšre la publication et qui ont dĂ©jĂ  donnĂ© lieu Ă  des publications partielles, montrent tout l’intĂ©rĂȘt de la jeune gĂ©nĂ©ration d’historiens pour la guerre d’AlgĂ©rie. Voir le travail fondamental de Tramor QuĂ©meneur, soutenu en 2007 [22], qui dĂ©truit un certain nombre d’idĂ©es reçues en ce qui concerne les dĂ©sertions 886, plus 3 200 lĂ©gionnaires et 6 000 spahis et tirailleurs algĂ©riens et les insoumissions 12 000 rĂ©fractaires en tout, soit 1% des appelĂ©s. La dĂ©portation des populations expulsĂ©es des zones interdites » soit plus de deux millions d’AlgĂ©riens et les 2 000 camps de regroupements ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s par Fabien Sacriste, thĂšse soutenue en 2014 [23]. Ce territoire de l’historien » est graduellement fortifiĂ© par des publications continues de tĂ©moignages, pour ne rien dire de synthĂšses dont celles de Jean-Charles Jauffret sur les soldats français dans la guerre, de Gilbert Meynier sur l’histoire du FLN, et plus globalement sur la guerre, de Guy PervillĂ©, de Jacques FrĂ©meaux, de l’ouvrage collectif sur la guerre d’AlgĂ©rie dirigĂ© par Mohammed Harbi et Benjamin Stora, et de la publication de livres-documents, comme le recueil annotĂ© dĂ» Ă  Mohammed Harbi et Gilbert Meynier [24], qui montrent les voies du passage de la mĂ©moire Ă  l’histoire de la guerre d’AlgĂ©rie. C’est l’illustration de cette maxime de Lucien Febvre L’historien ne trouve pas, il cherche » Ă  propos d’un confit officiellement reconnu en France par la loi du 10 juin 1999. Il reste Ă  souhaiter que l’historien pourra continuer Ă  faire son travail en demeurant serein malgrĂ© les menaces d’un populisme revanchard et islamophobe en continuant de profiter, en France, ce qui n’est pas encore le cas en AlgĂ©rie, de l’ouverture des archives, militaires notamment, depuis 1992. Les historiens français, le plus souvent avec des chercheurs et des collĂšgues algĂ©riens non engluĂ©s dans l’histoire officielle figĂ©e dans l’hypercommĂ©moration » formule de Guy PervillĂ© du 1er novembre 1954, mĂšnent aussi une sĂ©rie de travaux en regards croisĂ©s. Parmi eux on peut citer la thĂšse pionniĂšre de Dalila AĂŻt-el-Djoudi [25], l’important colloque de l’ENS de Lyon en 2006 [26], ou les deux tomes, publiĂ©s en 2016, par Renaud de Rochebrune et Benjamin Stora, chez DenoĂ«l, La Guerre d’AlgĂ©rie vue par les AlgĂ©riens. En bref, le temps historique n’est ni le temps mĂ©diatique, ni le temps politique et il serait utile de mĂ©diter cette maxime de Pierre Nora pour tous les Ă©lĂšves et Ă©tudiants La mĂ©moire divise, l’histoire rassemble ». © Jean-Charles Jauffret, Aix-en-Provence, 18 janvier 2017. Tous droits rĂ©servĂ©s. Illustration en une » Couverture de la revue Historiens & GĂ©ographes n° 388, octobre 2004, Dossier La guerre d’AlgĂ©rie, 1954-1962 », sous la direction de Jean-Charles Jauffret et Guy PervillĂ©. Alger, toits de la casbah et vue du port, avril 1975 ; © AFP. Photo Jean-Pierre PREVEL / STF. © Les services de la RĂ©daction d’Historiens & GĂ©ographes, 18/01/2017. Tous droits rĂ©servĂ©s. Notes[1] Professeur d’Histoire contemporaine Ă  l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence.[2] Voir en ligne sur le site de l’APHG, ici[3] B. Stora et Alexis Jenni, Les MĂ©moires dangereuses, Albin Michel, 2016, avant-propos de Benjamin Stora, p. III. Il s’interroge par ailleurs Qui Ă©coute aujourd’hui les historiens ? ».[4] On pourrait citer, Ă  titre d’exemple, l’aventure de l’exposition des Invalides, MusĂ©e de l’armĂ©e, du 16 mai au 29 juillet 2012 consacrĂ©e Ă  l’AlgĂ©rie. Cette derniĂšre est rĂ©vĂ©latrice de l’embarras des politiques qui ne savent pas comment aborder une guerre perdue. Cette exposition a Ă©tĂ© reportĂ©e pour son inauguration du 27 mars au 14 mai 2012, entre les deux tours des Ă©lections prĂ©sidentielles. De sorte qu’elle n’a Ă©tĂ© possible que par l’absence volontaire de toute personnalitĂ© politique d’envergure, malgrĂ© un succĂšs record. Elle n’a pas Ă©tĂ© reconduite et les collections ont Ă©tĂ© dispersĂ©es. Le catalogue en avait pourtant Ă©tĂ© publiĂ© en amont, le 15 avril 2012 sous le titre anodin d’un accompagnement d’une bande dessinĂ©e, AlgĂ©rie, 1830-1962, avec Jacques Ferrandez, Bruxelles, Casterman, 256 p. Elle faisait suite, 30 ans plus tard, Ă  une autre exposition, aux Invalides mais dans une salle modeste, 2 au 26 juin 1992, cf. le catalogue publiĂ© par GERVEREAU L., RIOUX et STORA B. sous la direction de, La France en guerre d’AlgĂ©rie, BDIC, 1992.[5] BOUCHENE Abderrahmane, PEYROULOU Jean-Pierre, TENGOUR Ouanassa Siari et THENAULT Sylvie, Histoire de l’AlgĂ©rie Ă  la pĂ©riode coloniale, 1830-1962, La DĂ©couverte, 2012 ; DELMAS Jean, La Guerre d’AlgĂ©rie, Caen, Le MĂ©morial de Caen, 2005 ; ELSENHANS Harmut, La Guerre d’AlgĂ©rie. La transition d’une France Ă  une autre, le passage de la IVe Ă  la Ve RĂ©publique, Arles, Publisud, 2000 ; FRÉMEAUX Jacques, La France et l’AlgĂ©rie en guerre, 1830-1870, 1954-1962, Economica, 2002 ; PERVILLÉ Guy, Pour une histoire de la guerre d’AlgĂ©rie, Picard, 2002 ; Atlas de la guerre d’AlgĂ©rie, de la conquĂȘte Ă  l’indĂ©pendance, Autrement, 2003 ; STORA Benjamin, Histoire de la guerre d’AlgĂ©rie, La DĂ©couverte, 1992, rééd. 2004 ; La Guerre d’AlgĂ©rie, Puf, 2007.[6] Parmi les tĂ©moignages majeurs celui d’un camusien Ă  l’écriture sans concession, Claude Georges Picard, Un piton sĂ©parĂ© du reste du monde. Ma guerre en Kabylie, journal d’un appelĂ© 1961-1962, prĂ©face de Jean-Charles Jauffret, les Éditions du Net, 2013.[7] Voir la somme, issue de sa thĂšse, de DENIS SĂ©bastien, Le CinĂ©ma et la guerre d’AlgĂ©rie, Paris, Nouveau Monde Éditions, 2009.[8] Esprit, n° 307, aoĂ»t-septembre 2004 La guerre d’AlgĂ©rie histoire officielle, histoire idĂ©ologique, histoire des historiens », p. 224-230.[9] PubliĂ© en 2001 aux Ă©ditions Contretemps.[10] SARRAZIN, Maurice, 666 thĂšses et mĂ©moires en langue française sur la guerre d’AlgĂ©rie, 1954-1962, L’Harmattan, 2012.[11] RIOUX Jean-Pierre sous la direction de, La Guerre d’AlgĂ©rie et les Français, actes du colloque de l’IHTP, Paris, 15 au 17 dĂ©cembre 1988, Paris, Fayard, 1990.[12] Les Etudiants algĂ©riens de l’universitĂ© française 1880-1962, Éditions du CNRS, 1984.[13] Messali Hadj 1898-1974, Le Sycomore, 1982 réédit. L’Harmattan, 1986 et Hachette Coll. Pluriel histoire, 2004.[14] Voir, notamment, BRUN Catherine et SHEPARD Todd, Guerre d’AlgĂ©rie. Le sexe outragĂ©, CNRS Editions, septembre 2016, ouvrage composĂ© d’articles internationaux et d’une partie des communications du colloque de la BNF et de l’Institut du monde arabe, les 9 et 10 septembre 2014. Cet ouvrage rappelle que le viol est bien un instrument de guerre.[15] BRANCHE RaphaĂ«lle et VIRGILI Fabrice, Viols en temps de guerre, Payot, 2011.[16] Militaires et guĂ©rilla dans la guerre d’AlgĂ©rie, Complexe, Bruxelles, 2001.[17] Autrement, octobre 2003.[19] LEFEUVRE Daniel, ChĂšre AlgĂ©rie. Comptes et mĂ©comptes de la tutelle coloniale 1930-1962, SociĂ©tĂ© française d’histoire d’Outre-Mer, 1997 ; BRANCHE RaphaĂ«lle, La Torture et l’armĂ©e pendant la guerre d’AlgĂ©rie 1954-1962, Gallimard, 2001 ; MAUSS-COPEAUX Claire, AppelĂ©s d’AlgĂ©rie. La mĂ©moire confisquĂ©e, Hachette, 1995 ; MÉDARD FrĂ©dĂ©ric, Technique et logistique en guerre d’AlgĂ©rie, Lavauzelle, 2002 ; MONNERET Jean, La Phase finale de la guerre d’AlgĂ©rie, L’Harmattan, 2000 ; THÉNAULT Sylvie, Une drĂŽle de justice. Les magistrats dans la guerre d’AlgĂ©rie, La DĂ©couverte, 2001.[20] Voyage au cƓur de l’OAS, Perrin, 2005.[21] Les Disparus civils europĂ©ens de la guerre d’AlgĂ©rie un silence d’Etat, SOTECA, 2011.[22] Une guerre sans Non » ? Insoumissions, refus d’obĂ©issance et dĂ©sertions des soldats français pendant la guerre d’AlgĂ©rie 1954-1962, sous la direction de Benjamin Stora, universitĂ© de Paris-VIII, 15 octobre 2007. Cinq tomes.[23] Les camps de regroupement ». Une histoire de l’État colonial et de la sociĂ©tĂ© rurale pendant la guerre d’indĂ©pendance algĂ©rienne 1954-1962, sous la direction de Guy PervillĂ© et Jacques Cantier, UniversitĂ© de Toulouse-Jean-JaurĂšs, 14 novembre 2014. Trois tomes.[24] JAUFFRET Jean-Charles, Soldats en AlgĂ©rie 1954-1962. ExpĂ©riences contrastĂ©es des hommes du contingent, Autrement, Paris, 2000 ; Guerre d’AlgĂ©rie, 1954-1962. Les combattants français et leur mĂ©moire, Odile Jacob, 2016 ; MEYNIER Gilbert, Histoire intĂ©rieure du FLN, Fayard, 2002 ; PERVILLÉ Guy, Pour une histoire de la guerre d’AlgĂ©rie, Picard, Paris, 2002 ; FRÉMEAUX Jacques, La France et l’AlgĂ©rie en guerre 1830-1962, Economica, Paris, 2002 ; HARBI Mohammed, STORA Benjamin, La Guerre d’AlgĂ©rie 1954-1962. La fin de l’amnĂ©sie, Robert Laffont, Paris 2004 ; HARBI Mohammed, MEYNIER Gilbert, Le FLN. Documents et histoire 1954-1962, Fayard, Paris, 2004.[25] AÏT-EL-DJOUDI Dalila, La Guerre d’AlgĂ©rie vue par l’ALN, 1954-1962. L’armĂ©e française sous le regard des combattants algĂ©riens, prĂ©face de Jean-Charles Jauffret, Autrement, 2007.[26] 20-21-22 juin 2006, Lyon, Ecole normale supĂ©rieure, colloque international, Pour une histoire critique et citoyenne franco-algĂ©rienne, organisĂ© sous la direction de Gilbert Meynier qui a fait appel Ă  de nombreux organismes de recherches et d’enseignement CNRS, ENS, IEP de Lyon et d’Aix-en-Provence
 et qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’appui des conseils rĂ©gional et gĂ©nĂ©ral. Communications 1 600 p publiĂ©es en ligne, le 13 novembre 2007 par Gilbert Meynier, FrĂ©dĂ©ric AbĂ©cassis et Afifa Zenati sur le site
Axe1 : La dimension politique de la guerre : des conflits interĂ©tatiques aux enjeux transnationaux; Axe 2 – Le dĂ©fi de la construction de la paix; Axe conclusif – Le Moyen-Orient : conflits rĂ©gionaux et tentatives de paix; Introduction : Histoire et mĂ©moire, histoire et justice; Axe 1 : Histoire et mĂ©moires des conflits Les Cours de - Histoire, GĂ©ographie, EMC, HGGSP Sapere Aude - Ose Savoir ! CrĂ©ation 20 mai 2021 Mis Ă  jour 30 novembre 2021 Affichages 3093 Manuel Nathan HGGSP Term Les conflits ont toujours reprĂ©sentĂ©s des moments douloureux dans l’histoire des sociĂ©tĂ©s, ce qui en fait des Ă©vĂ©nements qui ont une forte dimension mĂ©morielle. Cette mĂ©moire relĂšve Ă  la fois de l’individu et de la collectivitĂ©. Ces mĂ©moires peuvent faire perdurer des tensions entre groupes ou entre pays devenant ainsi des objets politiques et gĂ©opolitiques. L’historien doit prendre en compte ces diffĂ©rentes dimensions des tĂ©moignages qui peuvent ĂȘtre autant d’entraves Ă  son travail. ComplĂ©ments bibliographiques Richard Élodie, Vorms Charlotte, Les historiens pris dans les conflits de mĂ©moire », VingtiĂšme SiĂšcle. Revue d'histoire, 2015/3 N° 127, p. 3-12. DOI URL Godicheau François, La guerre civile espagnole, enjeux historiographiques et patrimoine politique », VingtiĂšme SiĂšcle. Revue d'histoire, 2015/3 N° 127, p. 59-75. DOI URL "MĂ©moires de la Grande Guerre", MatĂ©riaux pour l’histoire de notre temps 2014/1 N° 113 - 114, Articles en relation Publications rĂ©centes Letravail historique, en expliquant la complexitĂ© des Ă©vĂ©nements, contribue Ă  un apaisement des mĂ©moires et Ă  la reconnaissance officielle du rĂŽle de la France et des Français dans le conflit. Face Ă  cette multiplication des commĂ©morations, le risque est de sombrer dans une hypermnĂ©sie, c'est-Ă -dire un excĂšs mĂ©moriel des diffĂ©rents groupes porteurs de mĂ©moire.
Comme je vous l’avais annoncĂ© le 4 mai dernier, aprĂšs avoir vu les sujets possibles, attachons nous aux accroches ou amorces dĂ©diĂ©es Ă  ces diffĂ©rents types de sujet
Les possibilitĂ©s sont nombreuses et sachez bien qu’il n’ y a pas qu’une seule accroche possible pour un sujet. Voyez par vous-mĂȘme
 Sujet 1 Le devoir de mĂ©moire a-t-il encore un sens dans notre sociĂ©tĂ© ? Durant la Seconde Guerre mondiale, de 1939 Ă  1945, des crimes contre l’humanitĂ© vont ĂȘtre commis en Europe sous les initiatives allemandes, suite Ă  des idĂ©es antisĂ©mites qui s’appuient sur le systĂšme politique du totalitarisme. Pour nos jeunes gĂ©nĂ©rations, ces crimes sont lointains et parfois remis en cause par des thĂšses nĂ©gationnistes ou rĂ©visionnistes». Pour d’autres, ses souvenirs sont douloureux et rappellent des souffrances que parfois les familles ont subies au point qu’il serait prĂ©fĂ©rable de les laisser tomber dans l’oubli
 Quel impact ces crimes contre l’humanitĂ© ont-ils pu entraĂźner sur la loi française, les lois allemandes, sur la communautĂ© juives ? Cette approche qui nous amĂšnera Ă  Ă©voquer le rĂŽle de la mĂ©moire collective permet de nous questionner surtout sur le devoir de mĂ©moire
.dĂ©finitions
Au regard de toutes ces consĂ©quences, est-il alors rĂ©ellement important de se souvenir pour les gĂ©nĂ©rations d’aujourd’hui de ces crimes atroces faits par les nazis aux juifs ? Bien loin de certaines prĂ©occupations actuelles, le devoir de mĂ©moire a-t-il encore un sens dans notre sociĂ©tĂ© ? Sujet 2 La mĂ©moire est-elle conciliable avec l’histoire ? Nous sommes dans des temps oĂč Histoire et MĂ©moire se confondent quotidiennement dans une mĂ©diatisation et une spectacularisation », dĂ©mesurĂ©es parfois, de tout ce qui a trait au passĂ©. On peut citer Ă  titre d’exemple les rĂ©cents dĂ©bats pendant la campagne prĂ©sidentielle sur la dĂ©colonisation, le rĂ©gime de Vichy, la rafle du Vel d’Hiv
 Du bain tĂ©lĂ©visuel oĂč se coulent indistinctement commĂ©morations, documentaires et fictions, pour comprendre ce que reprĂ©sente la MĂ©moire, il paraĂźt plus qu’urgent de dĂ©gager et d’isoler les Ă©lĂ©ments et de se demander si la MĂ©moire peut montrer des liens avec l’Histoire ? Quels types de relations peut-on comprendre entre Histoire et MĂ©moire ? Sujet 3 Cultiver sa mĂ©moire est-il toujours utile ? Dans un mouvement spontanĂ© et massif au mois d’octobre 1998, les lycĂ©ens ont objectivement mis en cause la politique du gouvernement Jospin et son ministre de l’Education nationale Claude AllĂšgre. Leurs revendications portaient sur le besoin de crĂ©ation de postes d’enseignants, la baisse des effectifs par classe, mais aussi le besoin d’un enseignement car nombres d’entre eux dĂ©claraient que les cours n’étaient pas intĂ©ressants parce que trop tournĂ©s vers le passĂ©. L’étude d’auteurs du passĂ©, le latin, le grec ne les intĂ©ressaient pas mais se tourner vers le ou leur prĂ©sent Ă©tait pour eux essentiel. Il est vrai que le passĂ©, est par dĂ©finition et avant tout ce qui n’est plus, ce qui ne peut plus revenir ; dĂšs lors, s’intĂ©resser au passĂ© ne saurait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une attitude utile ou efficace. Mais ce qui est davantage en jeu dans ce questionnement, c’est de savoir si la mĂ©moire, qui nous lie avec le passĂ©, est une facultĂ© superflue pour l’homme, ou bien si au contraire elle le rend digne de l’humanitĂ©. Et dans ce cadre est-il toujours utile, important de la cultiver pour la faire exister
 ? Sujet 4 La mĂ©moire peut-elle ĂȘtre un instrument politique ? Des thĂšmes comme la guerre et la rĂ©sistance sont encore aujourd’hui, plus de 60 ans aprĂšs la seconde guerre mondiale, en mesure de diviser une communautĂ©. C’est l’histoire et son interprĂ©tation qui divisent la difficultĂ© de partager une mĂ©moire collective apparaĂźt clairement aujourd’hui dans de nombreux pays, dont ceux de l’Union EuropĂ©enne en particulier, lorsque la presse et donc l’opinion continuent d’évoquer un passĂ© divisĂ©. Au fur et Ă  mesure que la composition sociale d’un pays change et que de nouvelles gĂ©nĂ©rations grandissent, le contenu de la mĂ©moire Ă©volue. De nouvelles revendications, auparavant rĂ©primĂ©es pour diffĂ©rentes raisons, refont surface. Cette Ă©volution permanente permet aussi Ă  des instances prĂ©cĂ©demment vaincues de revendiquer un nouvel espace d’expression, de nouvelles idĂ©ologies ou d’idĂ©es politiques. Ces mouvements provoquent tant de rĂ©sistances ou de prosĂ©lytismes idĂ©ologiques qu’il est lĂ©gitime de se demander si la mĂ©moire peut s’avĂ©rer ĂȘtre , Ă  ce point, un instrument politique ? Sujet 5 Doit-on se souvenir de tout ? Les faits historiques que l’on nous apprend Ă  l’école, comme le chapitre d’histoire sur la Seconde Guerre mondiale et les victimes du gĂ©nocide des juifs durant cette pĂ©riode, restent des moments douloureux et parfois insoutenables pour les familles portant encore les cicatrices de ce passĂ©. Et pourtant, se souvenir peut nous permettre d’ĂȘtre nostalgique Ă  certains moments de notre passĂ©, de porter des regrets mais peut ĂȘtre aussi synonyme de devoir. Certaines personnes trouvent important voir essentielle de garder une trace du passĂ©, de ne pas oublier, c’est pourquoi elles souhaitent raconter leur histoire. D’autres prĂ©tendent au contraire qu’il n’est pas nĂ©cessaire de se souvenir et qu’il serait illogique, voir inutile de se remĂ©morer des temps rĂ©volus, douloureux, dans lesquels nous n’avons Ă  l’instant prĂ©sent plus aucune emprise. Est-il donc utile de se souvenir de tout et doit-on le faire sans condition ? Sujet 6 La mĂ©moire est-elle uniquement un scientifique ? Objet de nombreuses recherches scientifiques, la mĂ©moire peut se dĂ©finir comme l’une des fonctions les plus importantes et l’une des propriĂ©tĂ©s les plus passionnantes du cerveau. Pascal disait dĂ©jĂ  La mĂ©moire est nĂ©cessaire a toutes les opĂ©rations de l’esprit ». Il est bien vrai qu’elle rĂ©git l’essentiel de nos activitĂ©s qu’elles soient scolaires, professionnelles, quotidiennes ou de loisirs. Mais cette dĂ©finition n’exclue pas qu’elle peut ĂȘtre aussi simplement dĂ©finie comme la conscience du passĂ© et qu’elle peut ĂȘtre, en effet, le propre de l’homme. En effet, la “mĂ©moire” d’un ordinateur est dĂ©pourvue de conscience, tout autant qu’un livre d’histoire ou un journal intime. Pouvons-nous alors toujours affirmer que la mĂ©moire serait uniquement scientifique ? N’est elle qu’un simple enregistrement d’informations ? Ou au contraire, pouvons-nous prĂ©tendre qu’elle ne se rĂ©duit pas Ă  cet aspect puisque qu’elle provoque parfois fiertĂ©, honte ou nostalgie
et qu’elle joue un rĂŽle bien plus complexe dans notre sociĂ©tĂ© ou pour l’humanitĂ©. Sujet 7 L’homme de l’avenir est celui qui aura la mĂ©moire la plus longue.. » Nietzsche La campagne prĂ©sidentielle de 2017 a Ă©tĂ© l’objet d’informations ou de dĂ©sinformations permanentes, spontanĂ©es, et rĂ©actionnelles permettant ainsi de provoquer volontairement ou non l’opinion au travers les diffĂ©rents rĂ©seaux sociaux. Ceci montre que nous vivons une Ă©poque particuliĂšrement troublĂ©e, tant au niveau Ă©conomique que politique, culturel et religieux, les quatre, d’ailleurs, s’inter-activant l’un l’autre sans rĂ©elle capacitĂ© de comprendre les situations diverses. Pour lutter contre cette perception erronĂ©e et dangereuse, mais hĂ©las ressentie par beaucoup de nos compatriotes, mieux vaut s’efforcer de dĂ©monter l’argumentation que de traiter par le mĂ©pris. Pour Nietzsche, la mĂ©moire se construit par l’accumulation, la sĂ©lection, le rappel, les modifications, et l’oubli des souvenirs. Plus on dispose d’une mĂ©moire riche, vĂ©ridique, rĂ©elle, autrement dit d’une longue mĂ©moire », mieux on est armĂ© pour prĂ©parer l’avenir. Ainsi ,il prĂ©tendait que L’homme de l’avenir est celui qui aura la mĂ©moire la plus longue.. ». La rĂ©flexion ambiante Ă©tant de plus en plus basĂ©e sur l’émotion et l’immĂ©diatetĂ© de l’action Ă  rĂ©aliser, le nano-temps» incontournable Ă©carte toute possibilitĂ© d’inclusion du problĂšme rencontrĂ© dans un systĂšme de pensĂ©e oĂč le prĂ©sent s’enracine dans le passĂ© et programme le futur. Pour mener Ă  bien un tel systĂšme, le recours Ă  l’histoire et Ă  la mĂ©moire est-il indispensable ? Sujet 8 Parce qu’un homme sans mĂ©moire est un homme sans vie, un peuple sans mĂ©moire est un peuple sans avenir. » Ferdinand Foch Au moment oĂč l’enseignement de l’histoire est encore rĂ©duit dans l’éducation nationale et que les programmes ont dĂ©jĂ  largement Ă©tĂ© amputĂ©s de l’apprentissage de personnalitĂ©s de notre histoire de France telles que Louis XIV, NapolĂ©on, Clovis et autres figures, la prioritĂ© est davantage donnĂ©e Ă  l’enseignement de l’histoire Africaine, des cours de cuisine ou autres disciplines afin d’ ouvrir l’esprit » de nos jeunes gĂ©nĂ©rations. Effacer ses notions de notre mĂ©moire collective nous amĂšne Ă  nous interroger sur notre rapport au passĂ©, sur son utilitĂ© et son lien avec le prĂ©sent et le futur que nous vivons ? S’intĂ©resser Ă  notre histoire, Ă  la mĂ©moire de notre civilisation nous empĂȘcherait-il de vivre dĂ©cemment notre prĂ©sent, de le comprendre,et d’évaluer le futur plus ou moins proche avec l’idĂ©e dominante selon laquelle le passĂ© serait un enjeu et que l’action historique seraient sensĂ©es nous promettre un meilleur avenir ? L’aphorisme de Foch prend alors tout son sens quand il dĂ©clare que parce qu’un homme sans mĂ©moire est un homme sans vie, un peuple sans mĂ©moire est un peuple sans avenir ». Doit-on, pour ĂȘtre demain, celui qui doit ne pas oublier celui qu’il a Ă©tĂ© ? Autrement dit, oublier le passĂ©, serait-il un grave danger pour l’homme ou pour un peule qui, dĂ©muni de son identitĂ© passĂ©e ne pourrait vivre un prĂ©sent ou un avenir paisible ? Sujet 9 Un peuple qui oublie son passĂ© se condamne Ă  le revivre. » Winston Churchill Les peuples et les gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire », Ă©crivait le philosophe Hegel. Aux Etats-Unis, des Ă©lus dĂ©mocrates et rĂ©publicains entendent ressusciter un texte vieux de 80 ans qui cloisonnait les banques de dĂ©tail et les banques d’investissement. AdoptĂ© en 1933, dans le sillage du krach de 1929, le Glass-Steagall Act» interdisait aux banques d’épargne de se livrer Ă  des activitĂ©s spĂ©culatives ou d’assurance et d’émettre des titres financiers. Cette lĂ©gislation a tenu pendant plus d’un demi-siĂšcle avant d’ĂȘtre abrogĂ©e en 1999, en pleine pĂ©riode d’euphorie Ă©conomique. Les spĂ©cialistes affirment que l’on avait alors ouvert la voie du krach de 2008 aux gĂ©ants bancaires et que la disparition de cette loi Ă©tait la consĂ©quence aujourd’hui d’une instabilitĂ© financiĂšre permanente
 L’Union europĂ©enne en cette fin d’annĂ©e prĂ©parera une rĂ©forme bancaire d’envergure afin de ne pas reconduire ces risques. Les leçons du passĂ© seraient-elles enfin devenues sources d’enseignement dans le temps prĂ©sent ? Sujet 10 Les vĂ©ritĂ©s historiques sont rarement bonnes Ă  entendre lorsqu’elles Ă©branlent les fondements de la mĂ©moire collective » Isabelle Hausser L’engouement actuel, dans nos sociĂ©tĂ©s occidentales, pour les rĂ©cits historiques, les autobiographies, les Lieux de mĂ©moire », et ce, aprĂšs une vĂ©ritable inflation du prĂ©sent, nous mĂšne Ă  nous poser cette question centrale le retour au passĂ© peut-il s’opĂ©rer sans nostalgie, sans mettre en cause la modernitĂ©, sans dĂ©nigrer les valeurs “modernes” d’humanisme et de dĂ©mocratie ou permet-il au contraire de les sauvegarder et de les enrichir ? Autrement dit, pour reprendre une expression d’Alain Touraine, n’y a-t-il pas dans cette les vĂ©ritĂ©s historiques un cĂŽtĂ© lumiĂšre et un cĂŽtĂ© sombre qui devrait stimuler notre rĂ©flexion et notre vigilance ? Isabelle Hausser dĂ©clarait que Les vĂ©ritĂ©s historiques sont rarement bonnes Ă  entendre lorsqu’elles Ă©branlent les fondements de la mĂ©moire collective », est-ce le cas dans nos dĂ©mocraties ?

HGGSP Chapitre 7. CHAPITRE 7 - Histoire et mĂ©moires des conflits . Comment l’histoire et les mĂ©moires des conflits s’articulent-elles ? Cours : Histoire et mĂ©moires de la PremiĂšre

mis Ă  jour le 12 Mai 2022 3 min Bac gĂ©nĂ©ral CorrigĂ©s Épreuves de spĂ©cialitĂ© Histoire-gĂ©ographie SpĂ©cialitĂ©s au lycĂ©e Retrouvez les corrigĂ©s de l’épreuve HGGSP histoire-gĂ©ographie, gĂ©opolitique et sciences politiques du bac gĂ©nĂ©ral 2022 dĂšs la sortie des Ă©preuves. Que ce soit pour la dissertation, ou l’études de documents, retrouvez ci-dessous les corrigĂ©s de la session 2022. Les corrigĂ©s de lĂ©preuve du bac HGGSP 2022 DĂšs la sortie des Ă©preuves les mercredi 11 et jeudi 12 mai 2022, L’Etudiant vous propose, les sujets corrigĂ©s de l’épreuve de HGGSP du bac 2022. Avez-vous trouvĂ© une bonne problĂ©matique de dissertation ? Avez-vous rĂ©ussi Ă  faire une bonne introduction ? Votre dĂ©veloppement Ă©tait-il organisĂ© et dĂ©veloppĂ© ? Avez-vous rĂ©ussi Ă  bien analyser les documents ? Pour en ĂȘtre sĂ»r, consultez les sujets corrigĂ©s ci-dessous Sujets et corrigĂ©s de l'Ă©preuve HGGSP du bac 2022 Retrouvez-ci-dessous les sujets corrigĂ©s de l’épreuve de HGGSP du bac 2022. Afin de vous entraĂźner dans des conditions rĂ©elles et ĂȘtre prĂȘt le jour J, nous mettons Ă  votre disposition des sujets d’entraĂźnements, ainsi que les sujets 0 publiĂ©s par l’Education nationale. CorrigĂ© du bac comment se passe l’épreuve de spĂ©cialitĂ© HGGSP au bac 2022 ? L’épreuve Ă©crite de spĂ©cialitĂ© HGGSP d’une durĂ©e de 4h, a un coefficient 16 et est composĂ©e 2 parties Une dissertation, qui permet au candidat de dĂ©montrer ses capacitĂ©s d’analyse et de rĂ©flexion sur un sujet donnĂ©. Cette dissertation se compose d’une introduction, d’un dĂ©veloppement et d’une conclusion ; Une Ă©tude d’un ou deux documents la structure du travail fourni sera la mĂȘme que pour la dissertation introduction, dĂ©veloppement, conclusion mais cette fois, la rĂ©flexion se fera sur un ou deux supports. Les deux exercices se font sur des thĂ©matiques diffĂ©rentes. Lire aussi Comment bien rĂ©viser l’épreuve du bac HGGSP ? Pour vous aider Ă  prĂ©parer le bac 2022 HGGSP, retrouvez sur des fiches de rĂ©visions histoire, gĂ©ographie, gĂ©opolitique et sciences politiques. EntraĂźnez-vous Ă©galement avec nos quiz de rĂ©visions. Les sujets et corrigĂ©s de l’épreuve de la spĂ©cialitĂ© HGGSP du bac 2022 Jour 1 Sujet Jour 1 CorrigĂ© Jour 2 sujet Jour 2 CorrigĂ© Les sujets de la spĂ©cialitĂ© HGGSP – session de PolynĂ©sie 2022 Sujet 1 Sujet 2 Tous les corrigĂ©s du bac gĂ©nĂ©ral 2022 EnHistoire‐gĂ©ographie, gĂ©opolitique et sciences politiques : – L’adaptation des sujets de la spĂ©cialitĂ© HGGSP consiste en un doublement du sujet de dissertation. – Les candidats ont dĂ©sormais le choix entre deux sujets de dissertation qui portent sur des thĂšmes diffĂ©rents. – L’étude de document portera sur un thĂšme qui n’est celui d’aucun des deux sujets Les DĂ©codeurs Les rapports de force entre les pays jouent un rĂŽle majeur dans la musĂ©ographie et le travail de mĂ©moire, explique Jean-Charles Szurek, directeur de recherche au CNRS. La commĂ©moration des 70 ans de la libĂ©ration du principal camp de la mort nazi, qui a lieu mardi 27 janvier, est troublĂ©e par les tensions actuelles entre Polonais et Russes Ă  propos de l'Ukraine. Jean-Charles Szurek, directeur de recherche au CNRS, explique en quoi les rapports de force entre les pays jouent un rĂŽle majeur dans la musĂ©ographie et le travail de mĂ©moire. Comment expliquer l'absence de Vladimir Poutine Ă  la commĂ©moration ? Les Etats sont informĂ©s de la commĂ©moration et peuvent venir s'ils le souhaitent. Mais, contrairement Ă  la commĂ©moration du 60e anniversaire, il n'y a pas de discours des chefs d'Etat ou de leurs reprĂ©sentants. Les seuls discours sont ceux de trois dĂ©portĂ©s, un Polonais et deux Juifs, ainsi que celui du prĂ©sident polonais, Bronislaw Komorowski. Le Conseil international du musĂ©e, composĂ© d'anciens dĂ©portĂ©s et de personnalitĂ©s qualifiĂ©es, a voulu mettre tous les Etats Ă  Ă©galitĂ©. Fallait-il adresser une invitation spĂ©ciale Ă  la Russie au nom du fait que l'ArmĂ©e rouge avait libĂ©rĂ© le camp d'Auschwitz au prix de la vie de ses soldats ? C'est ce que semble signifier la rĂ©action de Vladimir Poutine, encore que la Russie soit reprĂ©sentĂ©e par un ancien vice-premier ministre, SergueĂŻ Ivanov. Les dĂ©clarations rĂ©centes du ministre des affaires Ă©trangĂšres polonais, affirmant qu'Auschwitz avait Ă©tĂ© libĂ©rĂ© par des Ukrainiens car des Ukrainiens se trouvaient dans le corps d'armĂ©e des troupes soviĂ©tiques qui avaient pĂ©nĂ©trĂ© dans le camp le 27 fĂ©vrier 1945, ont Ă©tĂ© pour le moins malencontreuses. Les autoritĂ©s russes ont eu beau jeu ensuite de rappeler que de nombreuses nations composaient l'ArmĂ©e rouge. Voir aussi 300 anciens dĂ©tenus reviennent Ă  Auschwitz Lire le reportage A Auschwitz-Birkenau, procession vers le monument aux victimes Comment a Ă©voluĂ© le musĂ©e d'Auschwitz en sept dĂ©cennies ? Le musĂ©e d'Auschwitz est créé en 1947 comme musĂ©e du martyre de la nation polonaise et des autres nations ». Dans cet intitulĂ© sont dĂ©jĂ  prĂ©sents les conflits de mĂ©moire des annĂ©es 1980, entre une lecture polonaise et une lecture juive du camp. Il faut rappeler que le camp d'Auschwitz est Ă  la fois le plus grand cimetiĂšre juif, avec un million de morts, et aussi le plus grand cimetiĂšre polonais, avec 75 000 morts. AprĂšs la guerre, une puissante organisation de dĂ©portĂ©s polonais du camp, dominĂ©e par des communistes dans le contexte de la soviĂ©tisation du pays, amĂšne l'Etat Ă  en prĂ©server le site afin de faire Ɠuvre de mĂ©moire. Le caractĂšre exceptionnel d'Auschwitz comme camp d'extermination des juifs est occultĂ© au profit d'une mĂ©moire polonaise et antifasciste. Les organisations juives de l'Ă©poque, du moins ce qu'il en restait, furent consultĂ©es par la direction du musĂ©e, qui jugea finalement que celui-ci ne pouvait donner l'impression qu'Auschwitz est exclusivement une souffrance juive ». Le destin spĂ©cifique des juifs fut dĂšs lors minorĂ© pratiquement jusqu'Ă  la fin du rĂ©gime communiste, d'autant que les juifs Ă©taient perçus uniquement – et commodĂ©ment – comme des citoyens de leurs nations respectives. Dans les derniĂšres annĂ©es du rĂ©gime communiste, le site du musĂ©e fut aussi investi par l'Eglise catholique, ce qui provoqua le fameux conflit de mĂ©moire autour du carmel. Lire le reportage Enseigner la Shoah, c’est parfois moins facile qu’avant » Et aujourd'hui ? Depuis l'avĂšnement de la dĂ©mocratie en Pologne, le dispositif musĂ©ologique a changĂ©, tout comme, par exemple, les manuels scolaires. Le destin prĂ©cis des juifs europĂ©ens acheminĂ©s et assassinĂ©s Ă  Auschwitz-Birkenau n'est plus gommĂ©. On perçoit maintenant clairement que les valises, lunettes, prothĂšses, et autres objets ayant appartenu aux dĂ©portĂ©s, exposĂ©s depuis la crĂ©ation du musĂ©e, appartenaient aux juifs de Hollande, de France ou d'ailleurs. La mĂ©moire polonaise est toujours prĂ©sente, notamment par la cellule du pĂšre Kolbe, ce prĂȘtre qui Ă©changea sa vie contre un pĂšre de famille polonais. Les nouveaux dĂ©fis qu'affronte la direction actuelle du musĂ©e ont pour nom l'afflux croissant de visiteurs, leur comportement, la conservation des objets, la mise en place – dĂ©jĂ  amorcĂ©e – de nouvelles expositions, la superposition d'un langage musĂ©ologique contemporain sur des strates cumulĂ©es de signes et de symboles. Lire sur Big Browser Auschwitz-Birkenau, une visite virtuelle Mathilde DamgĂ© .
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